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A peine à 3km de la sortie du viaduc...

Il faut arriver dans l’île soit soleil levant, soit soleil couchant pour avoir les aspects les plus spectaculaires de la Citadelle du Château d’Oléron.

Dés l’abord du viaduc, quand on a laissé sur notre droite le Fort du Chapus qui est parmi les plus photogéniques qui soient, systématiquement la première chose que les touristes demandent au guide dans l’autocar... c’est : et il est où le Fort Boyard ?

Alors le regard se tourne vers le point de repère qui permet le plus aisément de localiser le dit fort : la Citadelle du Château d’Oléron... et là, quelques mots suffisent à faire oublier pour un temps le plus médiatique des monuments de Charente maritime. Car la citadelle est belle, surtout à marée haute, pour peu que la mer soit calme, et c’ est souvent le cas tôt le matin, ou à la tombée du jour... les murs se reflètent dans l’eau et le voyageur regrette alors de ne pas être aquarelliste... à moins qu’il le soit... auquel cas...

On oblique à droite dés la sortie de l’échangeur d’entrée sur le viaduc, pour prendre l’ancienne route nationale qui nous mène entre claires et marais, le long de la cote est de l’île vers cette capitale miniature d’un canton insulaire... cabanes d’ostréiculteurs aux couleurs chatoyantes, bateaux de bois aux peintures toujours refaites et toujours usées par la mer, plates en alu qui volent sur les vagues et parfois sur la vase avec leurs chargement de sacs de mailles en caoutchouc noir enserrant la précieuse cargaison d’huîtres dont les romains déjà faisaient ample consommation... chenal d’ors, le port, la porte de ville, les murs impressionnants de la forteresse... et puis la place, la vie, le monde animé....voilà en quelques phrases résumée l’arrivée au Château d’Oléron.

Administrativement : Ce chef lieu de canton d’environ 3 600 habitants sédentaires, devient en pleine saison et dés les vacances scolaires une ville de plus de vingt mille habitants, lorsque les campings, hôtels et locations ont fait leur plein.
Ainsi il lui faut posséder une infrastructure différente de celle du village qu’il serait si sa localisation géographique n’en avait pas fait ce pôle touristique : Brigade de gendarmerie nationale : Tél (+33)5.46.47.61.77 centre d’intervention, (+33)5.46.47.61.39
Centre régional d’expérimentation aquacole, Collège Départemental, district EDF, écoles primaires et maternelles publiques et privées, recette principale des postes.
Services municipaux et services sociaux du département, service social des pêches maritimes, Trésor public etc. Un résumé de ce qui se doit d’être pour répondre aux besoins d’une population bien plus importante que celle recensée en temps ordinaire.

Historiquement : Comme dans le reste de l’île on a retrouvé ici et là des traces de l’habitat néolithique. Un Dolmen situé dans un champs prés d’Ors a été détruit avant qu’il ait pu être classé. La fortification a commencé dés le 11è et il nous semble que c’ est le fait général dans l’archipel charentais, un petit fort a été construit ici sur la pointe en face de l’embouchure de la Charente. La situation stratégique de cette pointe face à la côte et à l’embouchure du fleuve devait amener très tôt les hommes en charge de la protection des côtes à fortifier le lieu. Aliénor d’Aquitaine fit construire sur les fondations du premier petit fort un château fort qui devait impressionner face à la mer. Au 16è il s’agissait de protéger Brouage d’où partaient les navires pour la nouvelle France de Champlain mais dés le début du 17è il est apparu que le château qui menaçait ruine ne suffirait pas à résister à une force navale et sur ordre de Richelieu, Pierre d’Argencourt fut chargé d’édifier une citadelle qui put résister à d’éventuelles attaques par mer. Puis vint le règne de Louis XIV et surtout son grand fortificateur Vauban qui envoya le Chevalier de Clerville pour que le Chateau d’Oléron participe de manière essentielle à la protection de l’entrée de la Charente sur laquelle Colbert faisait bâtir le plus grand port de guerre français de l’époque sur l’Atlantique c’ est à dire Rochefort. La citadelle fut alors un chantier grouillant de plusieurs milliers d’ouvriers ramenés parfois et par force de très loin. Les fortifications qui regardaient exclusivement la mer furent continuées pour créer une enceinte de citadelle avec redans et courtines selon les vues architecturales de Vauban. Pour aider les ouvriers maçons amenés du continent, les maîtres d’œuvres engagèrent à prix d’or des sauniers et leurs chevaux pour aider à la construction et on bâtit alors glacis, chemins couverts et demi lunes il ne restait alors plus rien du modeste château fort d’Aliénor d’Aquitaine. Mais la forteresse fut modifiée à maintes reprises, Monseigneur Ferry en fit modifier certains agencements, créa de nouvelles défenses et progressivement le village fut totalement enfermé dans les murs dans lesquels furent laissées trois portes : Porte d’Ors sur le port, Porte de Dolus en direction de l’Ouest et la porte des pécheurs. Le pont dormant fut reconstruit au milieu du 18è siécle à l’époque même où toute la façade de la grande porte d’entrée était remise à neuf et embellie.
En flânant le long des pierres de la citadelle vous sentirez passer les ombres qui hantent ces lieux Aliénor d’Aquitaine, Agrippa d’Aubigné, Henri de Navarre, Richelieu, le Roi Soleil, Vauban et tant d’autres illustres visiteurs.
Ceci dit la citadelle fut longtemps le siège du gouverneur de l’île... avec l’avènement des canons à longue portée les forteresses ont perdu leur raison d’être originelle pour être démantelées, abandonnées, transformées parfois en carrières de pierres déjà taillées. Soumise au bombardements de la deuxième guerre mondiale celle du château a beaucoup souffert et des travaux de remise non en état mais en consolidation ont été entrepris pour permettre au Château d’ Oléron de justifier encore son nom... et offrir à ses visiteurs un peu de l’image de son passé.

La ville proprement dite, regroupée dans l’enceinte fut faite à la manière de Rochefort avec ses rues perpendiculaires et sa place centrale (avant il y avait deux paroisses Ste-Marie et St-Nicolas dont les église furent détruites pendant les guerres de religion en 1584 sur ordre d’Agrippa d’Aubigné). En 1699 une église nouvelle fut construite et dédiée à ND de l’Assomption. Actuellement on peut la visiter et découvrir un beau retable 18è comportant 12 médaillons disant l’histoire de la vierge Marie, autour d’une toile de G. DUBUISSON qui daterait de 1710.

Au milieu du 19è siècle des lignes régulières de la compagnie "l’insulaire" reliaient quotidiennement par voilier Le Château au Chapus puis une fois par semaine à La Rochelle.
A l’apogée des chemins de fer (1904-1930) quatre gares desservent le Château d’Oléron : quai, port, ville et porte de Dolus...
Après la guerre de 1939-45 les digues sont construites permettant à des bacs d’aller et venir indépendamment des marées... ce fut la fin des liaisons par bateaux et encore, avec les progrès s’accélérant en 1966 les bacs cédaient à leur tour la place au viaduc qui avec un tablier de 2882 m posé sur 45 piles avec une moyenne de 23 mètres au dessus de la plus haute marée devenait le plus long pont français.
Le viaduc permettait enfin aux oléronais de prendre contact direct avec le continent et surtout de bénéficier d’une alimentation en eau douce par une canalisation de 60 cm qui court dans le pont avec en plus une alimentation en électricité et en téléphone.
Ce pont a fait couler beaucoup d’encre mais il est une réalité dont les insulaires ne pourraient actuellement plus se passer tant la vie moderne implique de navettes entre l’île et le continent (25 000 véhicules par jour en été)... péage... continuité territoriale... pas de péage... entretien coûteux... mais quelle joie de découvrir que l’on peut jour et nuit aller et venir sans se soucier de l’heure des marées... et du mal de mer !... les services d’urgence en sont bien entendus plus surs.

A voir : Outre bien sur le mémorial des soldats de la nouvelle France (Acadie, Canada et Louisiane)et les festivals de la citadelle qui se visite notamment en petit train (remarquer la fameuse poudrière construite avec un toit qui aurait en cas d’explosion empêché des dégâts horizontaux)...

On peut découvrir : La magnifique fontaine renaissance sculptée de la place de la République, le Marché couvert, le port ostréicole et ses nombreuses cabanes multicolores, le centre ville très animé surtout aux heures de marché, la route des huîtres qui rejoint Boyardville et Dolus le long de la côte nord de l’île face aux îles d’Aix et de Ré, avec la perspective de Fort Boyard.
Un sentier pédestre a été aménagé qui permet de faire le tour de la ville par les remparts et de découvrir les charmes de la cité fortifiée.
Pour les marcheurs avides de curiosité il est une promenade à faire à marée basse en respectant les parcs ostréicoles, le long de la bordure de l’estran jusqu’ au viaduc et même au delà jusqu’ à l’entrée du chenal du port des salines... attention aux vases n’y allez qu’accompagné d’un ostréiculteur!... à visiter le musée de l’huître.

Hébergement : Plusieurs hôtels de bon standing, de très nombreuses locations, de très nombreux campings, permettent l’accueil d’une population estivale qui vient là, chercher la détente dans une atmosphère iodée et vivifiante.

Vie pratique :
Office du Tourisme Tél (+33)5.46.47.60.51
Petit train du Château d’ Oléron Tél (+33)5.46.47.66.07
Tous commerces et services disponibles en ville, zones commerciales et industrielles, construction navale, entretien et gardiennage de bateaux et caravanes.
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